Reflexion sur la psychologie de la fertilite

D’emblée, je vais être claire : je ne suis pas plus psychologue de formation que médecin ou pharmacien. Mon métier s’apparente plus à celui de coach. Mais cela ne m’empêche pas de réfléchir ! Et mon emploi m’a forcé à développer mes capacités de réflexion sur le comportement humain, sur le non-dit et les intentions cachées. Je vais donc vous livrer quelques pensées qui me travaillent depuis le début de l’été 2007.

Tout a commencé quand je suis tombée par hasard au rayon « grossesse » d’une grande librairie généraliste sur un livre de psychologue à propos du désir d’enfant depuis sa génération jusqu’à sa disparition. Pensant à une éventuelle fiche de lecture, je me suis mise à feuilleter, la larme à l’œil…

Et là, un article sur l’IVG paru dans mon quotidien du soir de référence m’est revenu en mémoire : une grande partie des échecs contraceptifs correspondrait en fait à des grossesses servant à prouver à la femme qu’elle PEUT être enceinte. Phrase d’autant plus importante que dans mes lectures d’articles scientifiques, j’ai vu que certaines femmes portent un gène mutant qui interdit à leurs embryons de s’implanter.

Depuis ces données n’ont cessé de tourbillonner dans mon esprit avec la notion rencontrée au fil de mes lectures naturopathes sur le « Maître Intérieur ». Celui-ci correspond à un niveau de l’inconscient qui régit les « buts de l’incarnation » diraient certains et décide de certaines expérimentations indispensables à l’évolution du sujet, telles que la maladie, la réussite, l’échec…

J’ai bien sûr repensé aux grossesses miracles rencontrées sur forum, juste avant un protocole d’AMP ou celles suivies d’une étonnante fausse couche, et à la capacité d’autres à avoir des démarrages naturels avec arrêt spontané le jour décidé pour un test ou prise de sang de contrôle.

 

Et si le problème était le désir d’enfant ?

Et si en fait ces femmes n’avaient pas le désir d’un enfant mais le désir de vérifier leur féminité entière ou la virilité de leur compagnon par leur capacité éventuelle à procréer ?

Et si la différence colossale entre le nombre gigantesque d’agréments à l’adoption et la faible réalité des adoptions s’expliquait aussi par la satisfaction de la reconnaissance sociale sur la capacité à être une « bonne mère » sans vouloir aller jusqu’au bout (attention, je ne nie pas les difficultés à obtenir un enfant à adopter ni le déficit d’enfants adoptables mais réfléchit sur les raisons qui peuvent faire reculer ensuite alors que la première étape est franchie !)

Et si la difficulté qu’ont certains hommes à accepter des relations sexuelles dans la période favorable à la fécondation venait d’un refus latent de parenté ?

Et si la facilité avec laquelle certaines femmes font tout le contraire (vélo, ski, équitation… ) de ce qui est conseillé pour préserver une grossesse, pourtant précieuse, se rattachait à un manque d’intérêt inconscient pour l’enfant à naître ?

Et si le moment choisi n’était tout simplement pas le bon ? ou le conjoint, pas le meilleur géniteur ou parent ?

L’exemple même de nos parents qui ont accepté de nous mettre au monde -de gré ou de force- le besoin de préservation de l’espèce, le besoin de filiation, la pression sociale rendent difficile de reconnaître un non-désir d’enfant, et même de se l’avouer.

Ce non-désir est socialement difficile à assumer, j’en veux pour preuve les phrases assassines du style « elle ne veut pas d’enfant pour ne pas s’abimer », « un couple d’égoïste qui ne vit que pour lui et ses centres d’intérêts », « être sa femme/son mari est déjà un travail à plein temps, un enfant n’aurait pas de place »…

Ces couples infertiles qui explosent et conçoivent ensuite sans problème dans un nouveau couple, ou ces femmes enceintes de la première IAD pourraient entrer aussi dans ce schéma du « mauvais partenaire génétique », si je me réfère à la « Guerre des Spermes » (op. déjà cité.) Le pendant est cette réflexion parfois entendue comme quoi le mariage n’était pas envisageable avec le père/la mère d’un premier enfant car il/elle n’était pas l’homme/la femme de sa vie…

Ne pas poursuivre la lignée familiale est également un geste égoïste par rapport à ses ancêtres, par rapport à notre « dette de vie » : ils ont fait le nécessaire pour que leurs gènes (et parfois de maigres biens) soient transmis, formant ainsi le maillon d’une longue chaîne qui part d’Adam et Eve pour arriver jusqu’à nous. Et nous, nous déciderions d’interrompre volontairement cette solidarité inter-générationnelle pour profiter seul du capital transmis ? Cela revient à reprendre pour nous la terre que normalement nous empruntons à nos enfants ! Cette interruption prive nos prédécesseurs de ce sursaut d’immortalité physique et prive l’espèce d’une part de sa diversité génétique. De même, concevoir clandestinement d’un amant est une tricherie avec la filiation du père social.

D’où le problème que certain(e)s rencontrent pour s’avouer dans un murmure, avant de le crier à la face du monde, que non leur trip n’est pas la parentalité et qu’ils sont faits pour être de formidables tantes/oncles/parrains/marraines et de médiocres parents ! Ou qu’un enfant unique leur convient très bien.

Et si c’était juste de la peur ?

Et si le problème ne venait pas d’une absence de désir d’enfant mais tout simplement de la peur liée à son arrivée ?

Peur de naissances multiples, si fréquente en PMA et favorisée par l’implantation de plusieurs embryons (d’ailleurs la Belgique teste la réimplantation d’un seul avec presque autant de grossesse que lors d’une réimplantation multiple),

Ou peur de mourir lors de la naissance comme la cousine de mon époux qui est décédée d’une hémorragie lors de la délivrance…

Peur des changements de vie et du passage du couple-amant ou couple-parent : nous connaissons tous des couples qui ont explosé après une naissance.

Peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas être un « bon parent ». Peur d’autant plus prégnante que certaines vous avoueront à voix basse -quand elles le disent-  avoir procédé à une IVG dans leur jeunesse, généralement parce que le compagnon, le moment ou les deux n’était pas le bon, bref qu’elles n’avaient pas d’autre choix : leurs échecs en PMA peuvent aussi relever de l’auto-flagellation permanente, de la punition.

Une solution : la sincérité

L’infertilité est une période de la vie particulièrement dure pour soi, pour son conjoint, pour son couple. Elle oblige à réfléchir, quand elle dure dans le temps, sur ses objectifs de vie et ses projets à court/moyen/long terme.

En trois ans sur un forum stérilité, j’ai vu des femmes arrêter tout traitement après un premier échec pour partir en adoption, j’en ai vu s’acharner pendant des années pour finir en don d’ovule et accoucher du premier transfert, j’en ai vu de toute sorte. Et c’est pour cela que toute équipe PMA comporte obligatoirement un psychologue, avec lequel l’entretien n’est malheureusement pas obligatoire.

Je finirai ce long exposé sur mes doutes pour aborder la méthode « orientation solutions », utilisée en thérapie brève et coaching. Dans cette méthode dite « collaborative », le sujet est l’expert de son problème et peut être amené par le biais d’un questionnement spécifique à verbaliser la solution qu’il envisage la plus adaptée pour résoudre son problème.

La fillette qui a peur des monstres dans le noir peut ainsi réclamer à sa mère un « coffre à monstres » où les enfermer le soir. Je vous suggère de lire l’excellent article de synthèse sur le sujet d’un thérapeute hypnotiseur et ceux sur les « approches collaboratives » et « redevenir auteur de sa vie » d’un centre de formation de coach.

Cette méthode n’a qu’un pré-requis : la franchise. Franchise déjà avec soi-même sur le projet de vie, les objectifs poursuivis lors d’un traitement et les moyens envisagés pour atteindre le but.

Le thérapeute sera un médiateur mais VOUS êtes le détenteur de la vérité.

Une autre technique que vous pouvez mettre en œuvre seul(e) est l’écriture ; je vous suggère de vous raconter et de réfléchir par écrit l’histoire de votre désir d’enfant, comment il se manifeste et comment vous comptez vous y prendre pour le réaliser, un peu comme le journal intime de l’adolescence. Ce « journal » n’a pas pour objet d’être lu par votre partenaire mais seulement par vous et un éventuel futur psy. Ecrire oblige à structurer sa pensée et à décanter ses idées. Vous écrirez ensuite comment sera votre vie quand l’enfant sera là.

A vous d’être sincère avec vous-même et aussi avec votre conjoint :

  • voulez-vous un enfant,
  • le voulez-vous avec ce partenaire,
  • le voulez-vous à tout prix,
  • êtes-vous prêt(e) à admettre les risques et les changements qu’il apportera,
  • ou n’accepterez-vous cet enfant que sous conditions
  • et alors lesquelles ?

Quatre mois après la publication initiale de cet article, j’ajouterai de nouvelles pistes de réflexion :

  • Etes-vous prêt à partager votre conjoint avec un enfant qui sera un intrus dans votre couple ?
  • Quelle est la première étape à franchir pour préparer l’arrivée de cet enfant ?
    Et comment saurez-vous qu’elle est atteinte ?
  • Comment imaginez-vous votre avenir quand l’enfant sera là ? Qu’est-ce qui sera différent ?

Et si écrire vous semble au dessus de vos forces, je vous suggère de faire comme moi : du dessin !
Dessiner comme tous les « arts » fait appel à la partie droite du cerveau alors que l’écriture mobilise le cerveau gauche, rationnel.

Donc, faites un dessin symbolique comme je l’ai fait à mon Chéri en attendant d’être appelée pour la ponction.
Vous le ferez aussi souvent que vous le souhaiterez, avec pour seule obligation de ne pas regarder le dessin précédent avant de tracer le nouveau.

Voici la consigne pour ce(s) dessin(s) projectif(s) :

« Représentez symboliquement ce que représente pour vous et votre couple,

  • le désir d’enfant,
  • la PMA,
  • une grossesse,
  • un enfant. »
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Vous connaissez des personnes qui peuvent être concernées par cet article ? Pensez à le partager !

3 commentaires

  1. Ping :Ecologie et fertilite, fecondite, sterilite

  2. bonjour
    je suis a la recherche d’un coach dans ce domaine
    Avez vous des noms

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