Quand arrêter la contraception pour démarrer une grossesse ?

Cà y est ! Vous avez parlé “bébé” avec votre partenaire sérieusement !

Evidemment, ce n’est pas pour tout de suite mais vous vous êtes dit que, bientôt, dans quelques mois ou dans quelques semaines, ce serait bien si vous “plantiez la petite graine”…

Et c’est comme cela que vous vous êtes pris(e) à rêver de la future grossesse et que vous êtes sur ce site ! Deux minutes de lecture à droite et à gauche et déjà vous vous demandez si ce sera aussi facile et rapide pour vous de tomber enceinte que pour vos amies…

Alors, la question que vous êtes tenté(e) de (me) poser est :

 

“Quand arrêter la contraception

pour concevoir au bon moment ?”

Pour déterminer comment déterminer le bon moment, je vous propose de réfléchir ensemble au sujet selon les moyens contraceptifs utilisés et leur impact sur la fertilité…

 

La contraception par auto-observation du cycle

Ce moyen contraceptif peu répandu en France chez les jeunes femmes est totalement naturel.

Il s’agit en fait de connaître les phases du cycle féminin pour déterminer la phase fertile qui dure chez la femme 1/3 de son cycle habituellement. Il n’y a aucune ingérence et il suffit alors de se protéger ou de s’abstenir pour écarter le danger d’une grossesse non désirée.

La méthode est devenue très performante depuis les années 1970 avec le croisement de plusieurs indices de fertilité comme les températures, la glaire cervicale et/ou l’auto-palpation du col. Nous sommes maintenant très loin de la méthode Ogino qui a amené tant de naissances…

L’inconvénient est qu’il faut un partenaire stable et “propre” de toute infection sexuellement transmissible…

Elle demande une éducation au corps qui peut être amenée par des associations comme la Fondation Symptotherm (ma préférée avec son logiciel en ligne) ou le très catholique CLER.

Bien faite, son taux d’échec est identique à celui de la pilule, soit 0,4 % ! * Autant dire qu’elle permet de bien se connaître et que pour tomber enceinte, elle sera une aide…

=> Pour répondre à la question initiale, autant dire que la femme est capable avec cette méthode de savoir exactement quels jours elle est fertile et qu’il n’y a pas de délai pour arrêter la contraception et passer immédiatement en “essai bébé” pour enclencher directement la grossesse !

 

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La contraception par “méthodes barrières”

Derrière ce nom peu évocateur, se cachent tous les moyens contraceptifs qui vont empêcher les spermatozoïdes de rencontrer l’ovule. Le plus évident est bien sûr le préservatif.

Peu poétique, demandant à être posé convenablement et suffisamment tôt (attention à la “goutte du plaisir” riche en spermatozoïdes !), il a l’avantage d’impliquer l’homme dans la contraception du couple et de respecter l’organisme de la femme.

Les autres méthodes comme les spermicides ou la cape relèvent du même esprit, protection contre les MST en moins…

Avec ces méthodes, le barrage s’attaque aux spermatozoïdes et donc le corps de la femme continue à suivre son rythme naturel.

=> Pour répondre à la question initiale, cette méthode contraceptive est également immédiatement réversible lorsque le désir d’enfant apparaît.

 

condom

La contraception hormonale féminine

C’est probablement de loin le cas de figure le plus courant, du moins en France, qu’elle soit sous forme de pilule micro, mini ou macro dosée, d’implant sous-cutané, d’anneau vaginal ou de “dispositif intra utérin” (stérilet) à diffusion hormonale.

C’est aussi la méthode qui a le plus de risque d’inertie pour la mise en route d’une grossesse.

Dans tous les cas, il s’agit d’un traitement médicamenteux hormonal

Vous pouvez prendre des œstrogènes (1 ou 2  copiant les 21 naturellement secrétés par le corps de la femme en 1ère partie de cycle) ou de la progestérone (hormone favorisant la grossesse pro-gestation donc en 2ème partie du cycle) : le résultat est identique, le corps féminin est bloqué et ne connaît plus la succession des phases pré ou post ovulatoires.

Comme toute médication, les hormones contraceptives ont des incidences sur l’organisme

Outre l’ovulation, d’autres répercussions vont avoir lieu sur l’appareil reproducteur de la femme :

  • la production de la glaire cervicale chargée de nourrir et d’acheminer les spermatozoïdes est compromise
  • la paroi utérine devient peu favorable à l’implantation d’un embryon
  • les trompes perdent plus ou moins de leur capacité à vibrer pour faire progresser l’ovocyte puis l’œuf fécondé vers l’utérus
  • l’hypophyse, chef d’orchestre des hormones dans le cerveau, est mise en court-circuit : quelques soient les ordres qu’elle adresse à l’organisme, la contraception amène un taux d’hormones sans relation avec les commandes
  • les ovaires perdent leur capacité à réagir aux différentes hormones puisqu’ils n’en connaissent plus qu’une sorte
  • et bien sûr l’ovulation est plus ou moins bloquée (sur les pilules mini-dosées, elle peut avoir lieu mais le reste de l’organisme est tellement devenu hostile avec les 3 premiers points précédents que la fécondation et la nidation sont quasiment irréalisables !)

Les règles disparaissent avec leur fonction de nettoyage des cellules mortes et des toxines de l’utérus pour être éventuellement remplacées par des saignements de privation “fausses règles” quand le taux hormonal chute et que l’organisme tente de remettre le compteur à 0.
Outre ces incidences sur le système reproducteur, il y a aussi des risques de thrombose et d’embolie bien connus et partagés par tous ces traitements de contraception hormonale. **

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Un redémarrage en fertilité à 2 vitesses inégales

Lors de l’arrêt de la contraception hormonale, deux cas de figures peuvent donc se produire :

  • le corps redémarre immédiatement
  • ou alors il traîne…

Un redémarrage immédiat peut ressembler au comportement d’un affamé convié à un banquet : le corps est tellement “heureux” de cette autorisation qu’il met les bouchées doubles pour accueillir une grossesse et tomber enceinte avant qu’un nouvel apport extérieur d’hormones vienne tout bloquer ! Gare à vous si c’était juste un oubli non prémédité…

Un redémarrage en longueur serait plus proche de la perte du mode d’emploi : depuis longtemps, les fonctions fertiles ont été mises au repos forcé, les hormones artificielles apportées n’ont pas toujours été bien dégradées par le foie qui s’en est fatigué, voire certains organes ou fonctions à force de ne pas servir ont même commencé à s’atrophier… C’est le syndrome de la Belle au bois Dormant !

Plus le traitement hormonal a été commencé jeune, sans interruption et long, plus l’une ou l’autre ou plusieurs des fonctions fertiles ont eu du temps pour s’endormir durablement, moins le redémarrage total et immédiat est probable…

Quand j’avais 20 ans, il y a 20 ans, les femmes offraient chaque année un mois d’interruption de pilule à leur corps pour lui permettre justement d’évacuer le trop-plein d’hormones et de redémarrer. Et quand elles n’avaient de petit ami régulier, elles repassaient aux préservatifs : l’arrêt de la pilule leur garantissait la capacité de dire “non” si elles n’avaient pas vraiment envie de dire “oui” et elles étaient sures d’être protégées contre les MST !

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S’offrir un temps de pré-conception

Après des années de traitement hormonal contraceptif, il serait donc bon de laisser le corps reprendre son rythme, voire même de le découvrir si la pilule a été prise très jeune. De même, un temps de préconception pourra être utile si votre hygiène de vie a laissé à désirer…

Mes amis Yogi disent qu’en Âyurveda, cette antique sagesse indienne, une jeune fille ne devrait commencer sa vie sexuelle que 107 cycles, soit presque 9 ans, après les “ménarches” (les premières règles) : ainsi les organes ont le temps de bien se former, prendre leur place et maturer, les cycles qui sont au début sans ovulation deviennent peu à peu matures et ovulatoires… Pour vous, ce n’est plus temps mais vous pouvez le noter pour votre (future) fille et aussi regarder combien de cycles votre corps a eu au rythme des femmes avant la contraception hormonale.

Vous pouvez donc envisager de laisser votre corps, comme lors de ma jeunesse, se reposer des hormones artificielles, éliminer les toxines stockées dans le foie et l’appareil gynécologique, retrouver le rythme cyclique féminin quelques mois avant de chercher à concevoir, retrouver un mode de vie sain favorable à la construction d’une nouvelle vie…

Bref, vous pouvez prendre le temps de vous reconnecter à votre fonction fertile pour mieux la solliciter ensuite !

L’idéal serait d’offrir minimum 1 mois de repos par année de contraception hormonale avant de concevoir votre bébé. Pendant ce délai, vous pouvez passer à une contraception par barrière et commencer l’auto-observation pour vérifier comment votre corps se remet en route… Vous en profiterez pour nettoyer l’organisme afin que bébé soit accueilli dans un environnement sain et pour rêver l’enfant.

=> Donc à la question “quand arrêter cette méthode pour concevoir au bon moment ?” je vous répondrai d’anticiper le plus tôt possible ! Clignement d'œil

Et vous ?
Comment gérez-vous la transition entre contraception et conception ?
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