De la production des gamètes à la fécondation in vitro

Juste un petit rappel de cours sur la production des gamètes féminines et masculines et l’assistance médicale à la procréation (amp.)

Le cycle de la spermatogenèse est un cycle de production permanent.

Dans les testicules, se trouvent des cellules spécialisées qui produisent en permanence les futurs spermatozoïdes. Ceux-ci vont remonter progressivement au cours de leur achèvement vers la sortie. Parallèlement le liquide séminal est fabriqué par la prostate. Le mélange spermatozoïdes-liquide ne se fait que lors de l’éjaculation.

La fabrication étant permanente, des erreurs chromosomiques vont avoir un effet « boule de neige », se perpétuer et s’additionner tout au long de la production séminale. C’est pourquoi il faut essayer de procréer jeune. Ce cycle de fabrication s’étale sur environ 90 jours dont les 15 derniers servent à la maturation finale dans l’épididyme.

Un spermatozoïde nageur

A contrario, le stock d’ovocytes est déterminé dès le début de la vie de la femme.

Fabriqué lors de l’ovogenèse pendant la vie foetale, il n’évolue plus au cours de la vie et vieillit comme le reste des cellules. L’âge venant, la pellicule qui entoure l’ovule, la zona pellucida, épaissit et rend la fécondation plus difficile (en général après les 40 ans chronologique de la femme.)

Cependant avant toute ovulation, une cohorte d’ovocytes est recrutée et commence à évoluer : la plupart dégénérera avant la maturation finale. Un seul, plus rarement deux, exceptionnellement trois (d’où les faux jumeaux en cas de fécondation), arrivera à maturité et sera pondu lors de l’ovulation suite au pic de l’hormone lutéisante (LH) envoyé par l’hypophyse. La cicatrice laissée sur l’ovaire deviendra le fameux « corps jaune » producteur de progestérone avec les ovocytes dégénérés du cycle. Entre le recrutement et l’ovulation, un cycle de 90 jours s’est également écoulé.

Toute modification de l’alimentation, du mode de vie ou toute prise de supplémentation en vitamines doit donc tenir compte de ces 90 jours nécessaires à l’arrivée à maturité.

Une action peut cependant être constatée dès 15 jours de prise avec montée en puissance progressive, les gamètes en cours de maturation profitant partiellement de cette action. Mais parfois, aucun effet bénéfique n’interviendra… peut-être la raison de la déficience réside-t-elle ailleurs ou peut-être y en a-t-il plusieurs (votre médecin est votre meilleur conseiller !)

Spermatozoïdes courtisant un ovule : 1 seul sera gagnant

Les différentes techniques d’assistance médicale à la procréation vont intervenir depuis la production des gamètes jusqu’à leur rencontre.

Lors du recours à l’assistance médicale à la procréation, le technicien gynécologue AMP va suivre jour après jour la maturation ovocytaire et en gérer le timing.

Il peut soit surveiller le cycle naturel soit remplacer les hormones naturelles par des hormones de synthèse pour prendre les commandes par une stimulation ovarienne. Selon les protocoles longs ou courts, une période de repos des ovaires sera programmée ou non, puis un traitement oestrogénique permettra d’influencer l’évolution de la cohorte des ovocytes naturellement recrutés pour que la majorité puisse arriver à maturité.

Une injection d’hormone déclenchera la ponte ovulaire 36 heures plus tard, heure à laquelle la ponction ovocytaire aura lieu.

Au même moment, le sperme du partenaire sera préparé pour que les gamètes soient mises en contact au plus vite. Dans le cas le plus simple, le partenaire aura donné son sperme le jour même mais il est aussi possible que ce soit celui d’un donneur (provenant d’une banque de sperme congelé) ou que le recueil ait fait l’objet d’un acte chirurgical préalable (biopsie quand un obstacle « bouche la sortie ».)

La fécondation se déroule sur plusieurs heures. Le spermatozoïde va percer avec sa tête la zone pellucide protégeant l’ovule puis va progresser à l’intérieur vers le noyau de l’ovule, et avant la fusion, se déployer progressivement : vue la différence de taille entre les deux gamètes, le matériel génétique du spermatozoïde est « compacté » et doit se déplier sans trop de casse chromosomique (la fameuse « fragmentation ADN« ) pour que la fécondation relie les chromosomes féminins et masculins en nouvelles paires originales. De ce moment, il ne s’agit plus de deux gamètes mais d’un embryon, nouvel être héritier de la moitié du capital génétique de ses deux parents.

De la fécondation à l’éclosion du blastocyste

Lors d’une insémination artificielle, le sperme est simplement injecté dans la matrice de la femme et le hasard présidera au choix ovule-spermatozoïde.

En fiv traditionnelle, le hasard permettra encore à un spermatozoïde parmi les autres de réussir la fécondation : le lieu de rencontre sera in vitro, une éprouvette et non plus le corps de la femme.

Lors d’une ICSI, le spermatozoïde est injecté de force dans l’ovocyte par le technicien du laboratoire, sans qu’il ait à percer de sa tête la zone pellucide.

Mais lors d’une IMSI, le « spermatozoïde gagnant » de l’ICSI est sélectionné avec un microscope numérique à fort pouvoir grossissant (6 fois plus qu’un matériel conventionnel) sur des critères morphologiques « de beauté de la tête ».

Le hatching ou éclosion assistée consistera à inciser légèrement la membrane de l’embryon pour qu’il puisse la craquer plus facilement, éclore et se développer hors de cette membrane qui le protège lors des premières divisions.

Les couples porteurs de maladie génétique telle que la mucoviscidose suivront également ce parcours pour que leurs embryons soient testés par le dpidépistage pré-implantatoire.

Selon le nombre et la qualité visuelle (amp) ou génétique (dpi) des embryons, ceux-ci seront réimplantés lors du transfert dans leur milieu naturel, le corps de la mère à des moments différents : le lendemain (J2) ou surlendemain (J3) de la fécondation, à J5 au stade du blastocyste où les chances de nidation et grossesse sont les plus fortes pour les embryons ayant survécu à ce stade.

Le transfert peut aussi être différé à un autre cycle si le nombre et la qualité d’embryons permet d’en congeler et donc de procéder à un transfert d’embryons congelés, TEC.

L’étape suivante est celle du verdict : le test de grossesse à J14. Inutile de se fier aux tests urinaires, leur fiabilité est insuffisante à ce stade, d’autant plus que le corps n’a pas toujours éliminé l’hormone hcg parfois administrée en soutien lors du transfert. Une prise de sang indiquera le taux réellement présent dans le sang pour confirmer ou infirmer le début de grossesse.

Un deuxième puis un troisième prélèvement permettront de vérifier la bonne évolution du taux et donc du développement embryonnaire, le cas échéant, avant qu’une première écho vers J30  permette de compter le nombre de sacs embryonnaires et donc de savoir si la grossesse est unique ou multiple.

A ce stade, la grossesse entre dans la normalité

Pour aller plus loin

Et bien sûr votre bonne vieille encyclopédie, vos livres de biologie du secondaire, et les questions à votre gynécologue préféré !

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