Ménopause et péri ménopause : des raisons de vous inquiéter ?

A l’opposé de la puberté, la ménopause marque la fin de la succession des cycles et de la fertilité chez la femme.

La définition de “pré ménopause” ne semble pas fixée. Pour certains c’est en fait la période de fertilité qui a commencé avec la puberté alors que pour d’autres elle correspond à la période où les cycles commencent à devenir irréguliers !

Elle est suivie d’une “période trouble” habituellement dénommée “péri ménopause” où cycles ovulatoires (donc fertiles) et anovulatoires se rencontrent. Ils deviennent généralement irréguliers, la durée et l’abondance des règles peut aussi devenir irrégulière, avec des pertes très légères sur quelques jours. Elle peut durer de 2 à 7 ans.

La ménopause est installée “confirmée” lorsque la femme n’a pas eu de menstruations pendant 12 mois consécutifs.

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Que se passe-t-il à la ménopause ?

Pendant la période dite de “péri ménopause”, les hormones féminines décroissent souvent de manière irrégulière et progressive avec des remontées temporaires (avec donc des “symptômes”) mais parfois aussi brutalement (ménopause brutale) ou régulièrement (pas de symptômes, il faut un test hormonal pour s’en apercevoir.)

Lorsque la décrue est irrégulière, la progestérone diminue en premier ce qui entraîne un excès d’œstrogènes. Si le cycle raccourcit, la phase pré-ovulatoire se maintient et la phase lutéale, qui correspond à celle du développement et de la nidation de l’embryon se réduit. Il y a encore fréquemment des ovulations mais la nidation est compromise ; en cas de début de grossesse, l’irrégularité de progestérone peut occasionner des fausses couches précoces.

Dans la phase suivante de la péri-ménopause, les œstrogènes entament leur diminution : généralement cette phase est identifiée par les bouffées de chaleurs correspondant aux chutes et poussées sur la même journée de la sécrétion ostrogénique. Il est fréquent que cette chute d’œstrogènes soit aussi accompagnée de sècheresse vaginale. Lors d’une poussée d’œstrogènes, la femme est encore fertile, voire même très fertile, ou exceptionnellement fertile même pour certaines, avec des risques de grossesse multiple naturelle, mais la réduction de la progestérone de la phase précédente induit un suivi prudent de l’évolution de la grossesse.

Dans la dernière phase, la ménopause s’installe avec un arrêt du rythme œstrogène-ovulation-progestérone, marquant la fin définitive de la période fertile : les ovaires ne sont plus capables d’amener un ovule à maturation même si l’utérus peut encore soutenir le développement d’un enfant. Cette installation est rarement brutale et arrive généralement après une succession de cycles irréguliers et anovulatoires. L’usage dit que la ménopause est définitivement installée après un an. A ce stade, le seul espoir de grossesse vient d’un don d’ovule. L’âge de la ménopause est normalement induit par la génétique et un bon indicateur est de connaître l’âge où sa mère, sa tante ou sa grand-mère a elle-même été en ménopause.

Toutes les hormones féminines sont sous orchestration du cerveau, en particulier de l’axe épiphyse-hypothalamus-hypophyse qui vont envoyer des messages aux ovaires. Toute la chaîne endocrinienne est donc impliquée, en amont ou en aval. Et évidemment le facteur psychologique peut jouer !

Le précurseur utilisé pour générer les hormones – la matière première ou brique de base – est le “bon” cholestérol et l’oxygène est aussi un transformateur indispensable (via la prégnologne). Des difficultés sur la sphère hépatique vont aussi intervenir dans ce processus hormonal puisque le foie est chargé d’éliminer les hormones “usées”.

La ménopause se produit pour la majeure partie des femmes entre 45 et 55 ans, avec quelques cas vers 35-40 ans. Si elle intervient avant 40 ans, elle est considérée comme prématurée.

L’utilité de la ménopause n’est pas déterminée, puisqu’elle n’existe que chez de rares espèces de mammifères (dont nous et les baleines.) Une hypothèse est celle de la « grand-mère » : les femmes ménopausées vivaient plus vieilles car elles échappaient aux dangers des naissances tardives et elles pouvaient aider leurs grands enfants dans l’éducation des générations suivantes. Ainsi leur disponibilité améliorait la survie de leurs descendants par rapport à ceux des « non-ménopausées », transmettant ainsi le caractère de la ménopause à la filiation…

Les tests hormonaux vont permettre de suivre l’évolution hormonale et de vérifier si l’âge biologique hormonal correspond à l’âge officiel.

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Les tests hormonaux

Hormone Taux en ménopause nmol/l
FSH 20-120 UI/l
LH 10-70 mUI/l
(à comparer avec le taux en phase lutéale de 10-70)
Œstradiol 0.04-0.18 nmol/l ou
11-49 ng/l
Progestérone 0.70-1.82 nmol/l ou
0.21-0.56 µg/l
(à comparer avec le taux d’une phase folliculaire
avant ovulation à 0.70-6.70 nmol/l ou 0.21-2.10 µg/l

Source Doctissimo

L’AMH (hormone antimüllérienne) peut servir à estimer l’âge à laquelle va survenir la ménopause car elle est sécrétée par les follicules en cours de maturation et indique la réserve ovocytaire.

Elle peut donc utilement aider à indiquer aux femmes de ne pas différer un projet d’enfant au risque d’être ménopausée avant d’avoir enfanter.

Age lors du dosage

Ménopause entre 35 et 38 ans

Ménopause avant 45 ans

Ménopause après 50 ans

20 ans 2.8 ng/ml 4.1 ng/ml 4.5 ng/ml
25 ans 3.3 ng/ml 3.8 ng/ml
30 ans 2.4 ng/ml 2.9 ng/ml

Source “Researchers develop accurate way to predict the age when women will hit the menopause”, communiqué de presse du 27 juin 2010

 

Dans certaines cultures, la ménopause est fêtée comme la fin du fardeau des grossesse : c’est une période de libération (sexuelle et sociale) qui s’ouvre à la femme pour la dernière partie de sa vie. Les symptômes semblent être moins importants (même chez les occidentales plus sensibles) avec cet état d’esprit…

Et vous, comment l’envisagez-vous ?

Sources

Crédit photo : “The 7 Gals of Menopause”  HA! Designes – Artbyheather, »Laboratoire d’Analyses Médicales” par hugovk

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8 commentaires

  1. * Merci pour cet article clair et documenté.
    * Penses-tu comme certains Taoïstes que l’on peut « reculer » l’âge de la ménopause par des pratiques soutenant la production hormonale ?

    • Bonsoir Estelle,
      Je ne sais pas si j’irai jusqu’à reculer l’âge de la ménopause : la mettre à l’âge juste auquel elle doit intervenir me paraîtrait déjà bien suffisant ! 😉
      Et puis c’est une délivrance pour bien des femmes qui ne veulent pas/plus d’enfants et qui vivent/supportent mal la contraception.

      Et là, il y a des plantes qui peuvent aider l’hygiène de vie pour atteindre cet objectif de l’étape juste à l’âge opportun… 🙂
      A bientôt, Fabienne

  2. Merci Fabienne pour cet article instructif,je suis en premenopause ,comment doit on s y prendre pour garder la regularite des cycles? je sais bien comme vous dites dans votre reponse au commentaire en haut,par le biais des plantes,lesquelles,car je deteste prendre la pillule en raison de concevoir..

    • Soumia, la régularité des cycles n’est pas importante. C’est la présence de l’ovulation qui compte et les câlins au bon moment !
      Les plantes, l’argile peuvent aider, la pensée positive aussi, les prières…
      Pour le reste, nous continuons en privé, comme d’habitude, mon amie.

  3. Bonsoir Soumia, bonsoir Fabienne, ainsi qu’à toutes celles qui me liront,
    Merci pour cet article intéressant qui me rappelle malheureusement que le temps passe bien trop vite …. Surtout quand on a rencontré un nouvel Amour à 45 ans passés …. Et que lui offrir un enfant relève du miracle ….

    • Bonsoir Fanny,
      Saches que rien n est impossible dans cette vie,surtout quand tu vois des femmes qui sont capables de procreer apres l age de 45 ans.Il faut juste positiver et preparer ton corps a acceuillir un bebe.Tout se joue dans la tete.
      En plus,il faut se battre ,et ne jamais baisser les bras,et oublie la notion du temps…
      Bon courage

    • Bonsoir Fanny,
      Effectivement il y a un temps pour tout.
      Mais le temps est différent pour chaque femme, même si cela devient rare d’accoucher après 45 ans et exceptionnel à 50 (2 naissances par an pour la France entière selon les stats de l’INED)
      Pour les miracles, il y a l’article sur les prières 😉 ou d’autres solutions comme l’adoption ou le don…

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